Le couple meurtrier de la Lande

C’est en Angleterre, dans les années 60, qu’a sévi celle qui a été depuis renommée « la femme la plus diabolique d’Angleterre ». En effet, Myra Hindley a été capturée le 11 octobre 1965 pour la participation au meurtre d’un adolescent, Edward Evans, massacré à coup de pelle et étranglé par le compagnon de Myra Hindley; Ian Brady. Le couple, âgé de 23 ans pour Ian et à peine 19 ans pour Myra, a donc commis une série de 5 crimes sur des enfants et adolescents, âgés de 10 à 17 ans.

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Ce fait divers représente, encore aujourd’hui, un fait divers très marquant. En effet, le fait qu’une femme ait participé à des meurtres d’enfants bouscule les normes. Ainsi, le corps de l’adolescent ayant été découvert dans la maison où résidait le couple, il n’y a pourtant que Ian Brady qui a été arrêté immédiatement, comme si le fait que Myra ait pu joué un rôle dans cette affaire était impossible. Ce fait divers apparaît presque comme surréaliste, puisqu’il renverse une image de la femme, incarnant la mère protectrice avec une sensibilité maternelle et féminine.

Myra Hindley a d’ailleurs été décrit comme la compagne soumise de Ian Brady, subissant la mauvaise influence de celui-ci, qui avait déjà des antécédents judiciaires. Cette vision de la situation de Myra Hindley est assez révélatrice des stéréotypes et des normes du public à l’époque, comme si l’initiative de commettre ces meurtres n’avait pas pu venir de la jeune femme, et était forcément le fruit d’un esprit masculin. La jeune femme, alors sous influence, et décrit comme quelqu’un de faible mentalement, aurait alors commis ces meurtres par amour et par soumission. On retrouve alors l’image de la jeune fille de 19 ans, tombant éperdument amoureuse d’un criminel, et c’est là que l’histoire fait véritablement sensation, cela peut presque nous renvoyer à de la fiction.

L’histoire de Myra, dévoilée par la presse, révèle au public certains éléments qui peuvent expliquer ses agissements meurtriers. En effet, la jeune femme a grandi avec un père qui la battait, et qui lui a appris à se défendre, à être une femme « dure ». Son histoire sert alors de justification, et de preuves essentielles, pour la presse et pour son public qui ne comprenait pas comment une femme pouvait battre à mort des enfants. Myra est alors surnommée « la femme la plus diabolique d’Angleterre », ce qui va évidemment diaboliser l’image de la jeune femme. Il y a alors une ambivalence des récits dans la presse : Myra la femme faible, influencée et fascinée par son petit ami diabolique, ou Myra la meurtrière psychopathe.

Les jeunes victimes de ce couple criminel ont été violées, torturées et tuées, et c’est ce qui fait de ce fait divers un fait très choquant. En effet, lorsqu’il s’agit de violence subies par des enfants, cela scandalise d’autant plus le public, puisque les enfants représentent des victimes faibles et vulnérables. La manière d’agir du couple de meurtriers est d’autant plus effrayante car ils kidnappent des enfants rentrant chez eux, ce qui est une situation anodine, touchant le quotidien des anglais, mais qui les atteint plus particulièrement car cela touche à leurs propres enfants.

Ian Brady et Myra Hindley ont alors été renommés : « le couple meurtrier de la lande », comme s’ils ne formaient plus qu’un dans cette union morbide et scabreuse. Ce terme pour les désigner attire immédiatement l’attention. En effet, un couple de meurtriers est un phénomène totalement hors de l’ordinaire, puisqu’un couple représente l’amour et l’union, ce qui contraste avec l’acte meurtrier. De plus, la notion de couple meurtrier implique une certaine organisation criminelle entre les deux personnes, ce qui a attisé d’autant plus la curiosité morbide pour ce fait divers.

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Cet article de presse, paru au moment de l’arrestation et du procès du couple, les montre sous un aspect effrayant. Ainsi, ces photographies certainement utilisés pour leur casier judiciaire, font apparaître Mary Hindley comme effrayante, avec des traits presque masculins. Certes, on observe le regard froid et indifférent de Ian Brady, mais notre regard est attiré par cette femme, d’une blondeur contrastant avec ses yeux noirs et sa bouche foncée. Les traits durs et l’air déterminé de Myra accentuent sa diabolisation, elle se situe à l’inverse de l’image classique que l’on peut se faire d’une femme ; féminine, douce, souriante…

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